Aimer le carnaval, quand on est introvertie et croyante đ€
S’il y a un plaisir que j’aime profondĂ©ment, malgrĂ© tout, c’est le carnaval.
C’est paradoxal, parce que je n’aime pas les endroits bondĂ©s. Les foules m’Ă©puisent, le bruit m’envahit. D’habitude, je cherche le calme, les espaces oĂč je peux respirer. Mais au carnaval, quelque chose change. J’ai envie d’ĂȘtre au cĆur de l’Ă©nergie, de vibrer avec la musique, de me laisser porter par les meringues carnavalesques. Sinon, je me sens comme une spectatrice, comme quelqu’un qui n’est pas vraiment Ă sa place.
Cela fait plus de quatre ans que je n’y vais plus. Pas parce que je n’aime plus ça, mais Ă cause de l’insĂ©curitĂ© grandissante, de la violence qui augmente chaque annĂ©e. J’ai choisi la prudence. MĂȘme si je sais que c’Ă©tait la bonne dĂ©cision, il reste en moi une nostalgie, une envie de revivre ces instants.
Je prends encore Ă©normĂ©ment de plaisir Ă Ă©couter les meringues carnavalesques. Elles me rappellent des souvenirs, des Ă©clats de rire, des instants de libertĂ©. Pourtant, je suis croyante. Et souvent, on associe souvent le carnaval au pĂ©chĂ©, aux excĂšs, au dĂ©sordre. Alors je me suis longtemps demandĂ© si aimer cette ambiance faisait de moi une mauvaise chrĂ©tienne. Avec le temps, j’ai compris que ce n’est pas l’Ă©vĂ©nement en lui-mĂȘme qui est mauvais, mais l’intention et les actes. S’amuser sans nuire, sans violence, sans se perdre, ce n’est pas forcĂ©ment trahir sa foi selon moi. Mais dĂšs que cela me pousse loin de mes valeurs, je sais que je dois me retirer.
Je crois que tout est une question de conscience personnelle. Si tu es dans un environnement te pousse vers des choses qui ne te ressemblent pas, alors il est sage de ne pas y prendre part. La foi, ce n’est pas seulement ce qu’on fait en public. C’est aussi ce qu’on protĂšge dans son cĆur.
Je ne suis pas parfaite. Je suis croyante, mais je suis aussi humaine. Ma foi n’est pas une cage, c’est une boussole. Elle ne m’empĂȘche pas d’aimer, elle m’apprend Ă discerner.
Moi, j’ai appris Ă accepter cette dualitĂ© : je peux aimer l’ambiance, la musique, la culture… tout en restant fidĂšle Ă mes convictions. Je peux apprĂ©cier sans me perdre. Et peut-ĂȘtre que grandir, c’est justement ça : apprendre Ă faire la paix avec ses contradictions, sans se perdre, sans se renier.
Et toi?
Est-ce qu’il y a quelque chose que tu aimes, mais que tu n’oses pas avouer par peur du jugement? Quelque chose qui semble en contradiction avec l’image que les autres ont de toi ?
Peut-ĂȘtre que toi aussi, tu vis ce tiraillement silencieux entre ta foi et tes plaisirs, entre tes valeurs et tes envies, entre ce que tu ressens et ce qu’on attend de toi.
Je ne crois pas que nous soyons appelĂ©s Ă vivre dans la culpabilitĂ© constante. Je crois que nous sommes appelĂ©s Ă la conscience, Ă l’Ă©quilibre et au discernement.
La vraie question n’est peut-ĂȘtre pas : Est-ce que j’ai le droit ? Mais plutĂŽt : Est-ce que cela me rapproche ou m’Ă©loigne de qui je veux ĂȘtre ?
Moi, j’apprends encore.
Et si toi aussi tu apprends, sache que tu n’es pas seule.
✒️Esthie
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